Nations Unies, Objectifs de développement durable (ODD), inconnus du grand public?

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Connaissez-vous les Objectifs de développement durable (ODD) lancés par les Nations Unies (ONU)? Selon les sondages Focus 2030, 83% des Français ne connaissent pas les ODD, ou ont entendu parler des ODD sans vraiment savoir à quoi ils correspondent.1

Quels sont les objectifs de développement durable?

Contrairement à la croyance populaire, le développement durable n’est pas seulement une question d’environnement. Ces objectifs visent à créer un avenir durable pour tous, et à répondre aux enjeux et défis actuels en faveur des « 5Ps » : Personnes, Prospérité, Planète, Paix, Partenariats. 2 3

En conséquence, l’élimination de la faim et de la pauvreté, la promotion de l’éducation, l’égalité des sexes, la gestion responsable des ressources naturelles, la croissance économique inclusive et même la préservation de l’environnement sont autant de domaines dans lesquels des progrès sont attendus.

Focus sur l’objectif No5 et ses ambassadeurs : les femmes au cœur des objectifs de développement durable

Prenons par exemple les cibles 1 et 3 de l’objectif 5, qui visent à « mettre fin à toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et des filles dans le monde » et à « éliminer toutes les pratiques néfastes, telles que le mariage d’enfants, le mariage précoce ou forcé et les mutilations génitales féminines.

Chaque objectif est divisé en plusieurs « cibles » concrètes, avec un total de 169 objectifs qui permettent de mesurer les progrès.

« En 2013, on estimait qu’une femme sur trois avait subi des violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie.4 Cette observation dramatique n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, et nous comprenons donc pourquoi les ODD semblent se concentrer sur le pilier « Peuple » avec 10 des 17 objectifs visant à améliorer la vie quotidienne des êtres humains.

Les ODD sont soutenus par l’action de plusieurs personnalités, dont la militante pakistanaise Malala Yousafzai, promue messager de la paix de l’ONU en 2017. Cette jeune femme de 22 ans est surtout connue pour son combat contre les talibans, qui ont incendié des écoles pour filles dans son pays d’origine. Cet engagement a failli lui coûter la vie puisqu’elle a survécu à l’âge de 14 ans, une tentative d’assassinat, ce qui a suscité l’indignation dans le monde entier. Grâce à son histoire et à sa volonté de fer, Malala est rapidement devenue une icône dans la lutte pour les droits des femmes.

Plus récemment, le médecin congolais Denis Mukwege a reçu le prix Nobel de la paix en 2018 pour son travail de « réparation » des femmes victimes de mutilations génitales en République démocratique du Congo. Malheureusement, les conflits sont souvent synonymes de violence sexuelle et de diverses formes de souffrance pour les femmes. Le viol est souvent utilisé comme arme de guerre. Horrifié par cette réalité, Denis Mukwege aurait « réparé » plus de 30’000 femmes au cours de sa carrière, et aurait permis à de nombreuses femmes de reprendre confiance en elles en leur apportant un soutien psychologique. Il a également été victime d’une tentative d’assassinat, mais a continué son travail et a été invité à plusieurs reprises à l’ONU pour briser le silence sur le sujet.

Pourquoi de telles injustices en 2020 ?

Au-delà de l’indignation, il faut comprendre l’origine de ces situations pour pouvoir agir. Premièrement, les femmes ont peu accès à l’éducation dans de nombreux pays. Selon l’UNESCO, moins de 40 pays ont atteint la parité entre les sexes dans l’éducation, et 2/3 des adultes analphabètes dans le monde sont des femmes.5 L’accès à l’éducation permet aux femmes de gagner un revenu plus élevé et donc de vivre dans de meilleures conditions, mais aussi de réduire la probabilité que les jeunes filles se marient avant l’âge de 18 ans.6

Il est important de souligner que les inégalités entre les sexes ne sont pas seulement présentes au Pakistan et en République démocratique du Congo, mais aussi en Europe et dans le monde occidental puisque selon Eurostat, les femmes européennes gagnent 16 de moins que leurs collègues masculins en 2017.7 Nous notons également que les femmes ne sont pas très présentes au conseil d’administration des grandes entreprises mondiales, avec seulement 37 personnes assises en France contre 16 aux États-Unis. Enfin, même si les hommes et les femmes sont, d’un point de vue juridique, censés toucher le même salaire s’ils occupent le même poste, ce n’est pas nécessairement le cas dans la pratique.

De plus, le nombre de femmes qui mettent en veilleuse leur carrière lorsqu’elles deviennent mère est beaucoup plus élevé que le nombre d’hommes qui font de même.8
(Il s’agit d’une observation et non d’une critique, chaque femme est libre de faire ce choix personnel. Les femmes qui décident de se consacrer à leur enfant (ren) ne sont pas moins méritantes que celles qui continuent à travailler, et vice versa. Il convient également de se rappeler que la valeur d’une femme n’est en aucune façon liée à son statut de mère, d’épouse ou de travailleuse.).

Cela dit, il est intéressant de noter que cette décision est peut-être liée à des considérations pratiques et rationnelles, qui conduisent très souvent les femmes et non les hommes à interrompre leur carrière. En effet, les hommes ont généralement peu accès au congé de paternité, où le congé de maternité est devenu courant avec 16 semaines de congé pour la mère, contre 11 jours pour le père en France.9

Ainsi, il est plus intéressant pour le couple que les vacances soient prises par la mère, qui pourra prendre soin de son enfant tout en étant indemnisé pendant 16 semaines, et que le père continue d’exercer son activité professionnelle. Ainsi, si les hommes et les femmes avaient accès à un congé de maternité et de paternité de la même durée, moins de femmes interrompraient-elles leur carrière? Il est très probable que c’est le ca. Les jeunes générations semblent également particulièrement favorables à une plus grande parité en termes de congés. 10 Une réforme en faveur d’un congé de paternité plus long permet potentiellement aux femmes qui le souhaitent de ne pas interrompre leur carrière, et aux hommes de passer plus de temps avec leur enfant (ren).

Le congé de paternité/maternité peut être suivi d’un congé parental, qui s’étend en France jusqu’à trois ans après la naissance. Le père ou la mère de l’enfant peuvent bénéficier de ces congés, mais en fait, seulement 3,5 des Français les usagers du congé parental étaient pères en 2017.11 Il reste encore des progrès à noter, en particulier en Suède où les deux parents divisent un total de 480 jours de congé parental, dont obligatoirement 60 jours pour la mère et 60 jours pour le père (dispositif appelé Försäkringskassan) .12 Malgré une volonté progressiste évidente dans ce pays, il convient de noter que les 150 jours de congé restants sont principalement pris par des mères suédoises.13

En réalité, la mise en œuvre de tels dispositifs ne peut être efficace que si elle a été menée avec un changement d’habitude et de mentalités, sans vouloir offenser certains : rester à la maison ne devrait pas être perçu comme plus auto-déminage ou moins gratifiant que le travail. Un homme qui s’occupe de ses enfants n’est pas moins courageux qu’un homme qui va travailler tous les matins. Trouver un équilibre sain entre le travail et la vie familiale profiterait sans aucun doute aux deux parents, à l’enfant et à la société dans son ensemble. Promouvoir l’égalité des sexes, ce n’est pas seulement atteindre l’objectif 5 des Objectifs de développement durable. Il s’agit de construire des sociétés plus inclusives et plus solides. Il s’agit de promouvoir la dignité des êtres humains. En bref, l’égalité des sexes ne peut être bénéfique que pour tous les objectifs de développement durable. L’égalité des sexes est essentielle.

Comment s’impliquer à votre niveau dans les objectifs de développement durable?

Par leurs engagements extraordinaires, Malala et Denis Mukwege contribuent à progresser dans la participation en faveur des objectifs de développement durable. Mais parfois, quelques actions simples suffisent. Les citoyens, les entreprises, les organisations non gouvernementales (ONG) ou les communautés locales sont encouragés à améliorer leur comportement afin de participer à l’effort global.

À titre d’exemple, la société indienne Watsan a lancé la production de produits innovants permettant de purifier l’eau à faible coût sans utiliser l’électricité, et ainsi développer l’accès à l’eau potable dans les zones rurales.14

Certaines administrations publiques se mobilisent également. Par exemple, en 2020, Angers, Nantes et Metz ont été élues « villes les plus vertes de France », et donc récompensées pour leur investissement en faveur du vert, leur préservation de la biodiversité ainsi que leur gestion des déchets. Ce classement permet de promouvoir des initiatives en faveur de l’environnement, et illustre la prise de conscience des municipalités mais aussi des citoyens dont les efforts sont clairement récompensés.15

Les citoyens peuvent aussi s’impliquer. En période de crise COVIDE-19, de nombreux citoyens se sont mobilisés en aidant par exemple les sans-abri ou en fournissant des repas au personnel médical. Beaucoup doivent également agir en temps normal, par exemple par de simples actions quotidiennes telles que le tri des déchets, l’utilisation du transport doux et du covoiturage, ou l’achat de produits d’une agriculture responsable et équitable. Toutes ces actions s’inscrivent dans une approche de développement durable promue par les ODD.

Comment Experts sans frontières contribue aux objectifs de développement durable

Enfin, et sous un autre angle, les organisations non gouvernementales se mobilisent également. Experts sans frontières apporte sa contribution aux objectifs de développement durable. Voici plusieurs exemples :

i) L’expertise est essentielle au choix des experts. Les éléments parfois discriminants dans la sélection des experts ont été supprimés. Comment? Les dossiers des experts sont anonymes, de sorte que les experts ne sont pas jugés en fonction de leur sexe, de leur origine ou de leur âge, mais uniquement en fonction de leurs compétences, de leur expérience et de leur formation.

ii) L’utilisation de la blockchain permet également à Experts Sans Frontières d’authentifier les diplômes d’experts; et cette technologie saluée par le Secrétaire général de l’ONU fait également partie des Objectifs de développement durable puisqu’il a déclaré qu’elle tend à « faire progresser les objectifs de développement durable » tout en augmentant la transparence de l’information.16

iii) Tous les experts ont l’occasion de s’exprimer sur leur expertise et d’être mis en évidence pour leurs compétences, en particulier à travers des articles que nous publions à nos milliers de « followers » à travers le monde. Nous essayons également à travers ces articles de mettre en évidence ces nobles objectifs des ODD et le travail remarquable effectué.

iv) La cotisation annuelle pour devenir membre d’Experts Sans Frontières est indexée à l’Indice de développement humain (IDH) offrant ainsi aux experts du monde entier la possibilité d’accéder aux services offerts avec des frais adaptés en fonction du niveau de vie de leur pays.

v) Experts sans frontières s’engage également dans la solidarité, en particulier en temps de crise. Par exemple, pendant la crise du COVID-19, Experts Sans Frontières a organisé un défi sportif et caritatif pour recueillir des fonds pour la profession médicale, la recherche, les patients et ceux qui en ont le plus besoin.

Pour en savoir plus

Si vous êtes intéressé par les objectifs de développement durable, une application téléphonique est disponible gratuitement : l’application « ODD » propose des actions concrètes lancées par les citoyens, et chacun peut se joindre aux actions en cours ou en créer une nouvelle. Une page dédiée aux nouvelles concernant les objectifs de développement durable est également disponible. Beaucoup d’informations sont également disponibles sur le site officiel https://www.un.org/sustainabledevelopment/en/

Enfin, le « Guide de la personne paresseuse pour sauver la planète » offrant de nombreuses actions concrètes est disponible gratuitement à https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/wpcon-tent/uploads/sites/4/2018/12 /LazyPersonGuide_flyer_FRENCH.pdf

Claire Châtelain

Références

  1. https://focus2030.org/Appropriation-des-Objectifs-de-developpement-durable-par-les-citoyen-n-e-s
  2. Le programme du Développement Durable
  3. Les Objectifs de Développement Durable
  4. Organisation Mondiale de la Santé, Estimations mondiales et régionales de la violence à l’encontre des femmes
    Résumé d’orientation, 2013
  5. UNESCO, Éducation des filles et des femmes – statistiques, 2014
  6. Partenariat Mondial pour l’Éducation, Données sur l’éducation, 2020
  7. Observatoire des inégalités, Les inégalités de salaire entre les femmes et les hommes en Europe, 2019
  8. Stéphanie Govillot, Insee Première, no 1454, « Après une naissance, un homme sur neuf réel ou cesse temporairement son activité contre une femme sur deux » , 25/06/2013
  9. Emma Beswick, Euronews, 01/11/2017
  10. DRESS, Études & Résultats, « Les Français et les congrès de maternité et paternité : opinion et recours », no 1098, janvier 2019
  11. Catherine Collombet, Caisse d’allocations Familiales, La place des pères dans les congrès destinés aux parents en Europe – évolutions et réformes récentes, mai 2017
  12. Mathilde Golla, Le Figaro, « Congé paternité : où se situe la France par rapport aux autres pays d’Europe ? » 3 avril 2019
  13. Madeleine Gnewski, The Guardian, « Le congé parental de la Suède est peut-être généreux, mais il lie les femmes à la maison », 10/07/2019
  14. Watsan – À propos de nous
  15. Observatoire des villes vertes, 2020
  16. Michael del Castillo, Forbes, « Secretary-General Says United Nations Must Embrace Blockchain » , 28/12/2019
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